🕒 Une durée légale de 6 exercices

La durée du mandat d’un commissaire aux comptes (CAC) est strictement encadrée par le Code de commerce.
Un CAC est nommé pour 6 exercices comptables consécutifs, quelle que soit la forme juridique de la structure auditée. Cette durée ne peut être réduite ou prolongée unilatéralement par la société : elle garantit l’indépendance du professionnel tout en assurant une continuité dans la mission d’audit.

Cette règle s’applique :

  • aux entreprises commerciales (SARL, SAS, SA, SCI dépassant certains seuils…),
  • aux associations soumises à l’obligation de certification des comptes,
  • aux entités du secteur public,
  • et de manière générale à toute structure entrant dans le champ des audits légaux.

Le mandat débute officiellement le jour de la nomination, généralement votée en assemblée générale. Le commissaire aux comptes exerce ensuite sa mission jusqu’à la clôture du sixième exercice, date à laquelle son mandat arrive naturellement à échéance.
Cette durée permet au CAC d’avoir une vision suffisamment longue pour comprendre l’activité, identifier les risques et assurer une certification cohérente dans le temps.

🔁 Renouvellement du mandat

À l’issue des six exercices, la société dispose de deux options :

  • renouveler le commissaire aux comptes, ce qui assure une continuité et une connaissance approfondie de l’entreprise,
  • en nommer un nouveau, ce qui permet d’apporter un regard différent ou de répondre à un changement de situation.

Le renouvellement n’est jamais automatique.
Une décision formelle en assemblée générale doit être prise, avec inscription du vote dans le procès-verbal et dépôt au greffe.
Cette étape garantit la transparence et permet aux associés de confirmer leur confiance dans le professionnel ou de réévaluer leurs besoins.

Dans la pratique, de nombreuses entreprises choisissent de renouveler le même CAC, notamment lorsqu’une relation de confiance et de collaboration constructive s’est installée.

❌ Fin anticipée du mandat : un cas exceptionnel

La fin anticipée du mandat d’un commissaire aux comptes est un événement rare, car la profession est fortement protégée pour préserver son indépendance.
Un CAC ne peut pas démissionner librement et la société ne peut pas le remplacer à sa convenance.

La révocation du commissaire aux comptes n’est possible que dans des cas strictement définis :

  • empêchement durable rendant la mission impossible à exercer,
  • incapacité constatée,
  • manquements graves dans l’exercice des fonctions (négligences, absence d’indépendance, non-respect des normes).

Même dans ces situations, la société ne peut pas décider seule :
👉 la décision doit obligatoirement être validée par le tribunal de commerce.
Ce contrôle judiciaire empêche toute tentative d’éviction abusive et garantit que le commissaire aux comptes puisse exercer sa mission en toute impartialité, sans pression de la direction.

De plus, un CAC peut saisir le tribunal s’il estime que des conditions rendent l’exercice de sa mission impossible, mais cette démarche demeure exceptionnelle.

👥 Mandat du suppléant

Dans certaines structures, la loi impose de nommer un commissaire aux comptes suppléant.
Son rôle est strictement encadré : il n’intervient que si le commissaire aux comptes titulaire est empêché en cours de mandat, ou en cas de décès.

Le suppléant n’exerce donc aucune mission tant que le titulaire est en fonction.
Il ne participe pas aux échanges avec la société, ne réalise pas de contrôles et n’a pas accès aux travaux d’audit. Son rôle consiste uniquement à garantir la continuité du commissariat aux comptes en cas de défaillance du titulaire.

Cette organisation à deux niveaux permet d’assurer une transition rapide, tout en évitant une interruption de la mission légale, indispensable pour la bonne information des associés et partenaires financiers.