Depuis la réforme de la représentativité syndicale en 2014, les instances représentatives du personnel sont soumises à des règles de transparence financière calquées sur celles des entreprises. Le Comité Social et Économique (CSE) dispose de la personnalité civile, ce qui lui permet de gérer des budgets propres. Cette autonomie s’accompagne d’une responsabilité comptable précise. Si la tenue des comptes est systématique, l’intervention d’un commissaire aux comptes (CAC) dépend uniquement de la taille de la structure et de son volume financier.
Le cadre légal de la transparence financière
Le code du travail impose aux CSE de rendre des comptes sur l’utilisation des deux budgets dont ils disposent : le budget de fonctionnement et celui des activités sociales et culturelles. L’objectif est de garantir aux salariés que les fonds versés par l’employeur sont utilisés conformément à leur destination. Selon le montant des ressources annuelles, les obligations varient d’une simple comptabilité de caisse à une certification complète par un professionnel externe.
Les missions du commissaire aux comptes
Contrairement à l’expert-comptable qui aide le trésorier à saisir les factures et à établir le bilan, le commissaire aux comptes intervient en fin de chaîne. Sa mission consiste à certifier que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle du patrimoine du comité. Il réalise des audits ponctuels et vérifie la conformité des écritures comptables avec la réalité des dépenses engagées.
Il dispose également d’un droit d’alerte. S’il constate des faits de nature à compromettre la continuité de l’activité du CSE ou s’il découvre des irrégularités lors de ses contrôles, il doit en informer les élus. En cas de délit révélé, il a l’obligation d’en référer au Procureur de la République.
Seuils d’obligation d’un CAC dans un CSE
L’obligation de nommer un commissaire aux comptes concerne uniquement les structures qualifiées de « grands CSE ». Un comité entre dans cette catégorie dès qu’il dépasse, à la clôture de l’exercice, au moins deux des trois critères chiffrés suivants :
- Le nombre de salariés du CSE est supérieur à 50 (salariés propres au comité, non ceux de l’entreprise).
- Le montant des ressources annuelles excède 3,1 millions d’euros.
- Le total du bilan dépasse 1,55 million d’euros.
Dès que deux de ces limites sont franchies, la désignation d’un titulaire et d’un suppléant devient une exigence légale. Les ressources prises en compte pour ce calcul englobent l’ensemble des subventions versées par l’employeur au titre du fonctionnement et des activités sociales.
Procédure de nomination et durée du mandat
La désignation du commissaire aux comptes s’effectue par un vote des membres élus du CSE en réunion plénière. Une fois choisi, le professionnel est nommé pour une durée de six exercices comptables. Son mandat est renouvelable. La rémunération de ce prestataire, appelée honoraires, est intégralement prise en charge par le budget de fonctionnement du comité.
Même si les seuils de 3,1 millions d’euros de ressources ne sont pas atteints, un CSE peut décider volontairement de nommer un commissaire aux comptes pour sécuriser sa gestion. Cette démarche préventive permet de rassurer les bénéficiaires et d’apporter une caution de rigueur face à l’employeur, bien que la loi ne l’impose pas pour les petits et moyens comités.
Distinction entre expert-comptable et commissaire aux comptes
Il arrive souvent que les élus confondent les deux fonctions. L’expert-comptable est un conseil qui accompagne le trésorier dans la gestion quotidienne et la préparation des rapports financiers. Son recours est obligatoire pour les CSE de taille moyenne (plus de 153 000 euros de ressources).
Le commissaire aux comptes, lui, agit comme un contrôleur légal indépendant. Il est interdit par la loi de confier ces deux missions au même cabinet ou à la même personne pour garantir une neutralité totale lors de l’examen des comptes.